La Scapêche, 1er armement français, se félicite du vote du Parlement européen contre l’interdiction du chalutage en eau profonde
LORIENT, 10 décembre 2013. Après le vote du Parlement européen, mardi, d’une proposition de règlement visant au maintien de la pêche au chalut en eau profonde, mais plus encadrée, la SCAPECHE, armement du Groupement des Mousquetaires, se réjouit de la décision prise. Elle annonce vouloir « continuer à se consacrer plus que jamais à une pêche raisonnée et maîtrisée, répondant aux attentes des consommateurs ».
Le Parlement européen, en adoptant le compromis politique auquel était parvenue sa commission sur la pêche, donne raison aux marins pêcheurs sur le chalutage en eau profonde.

Les députés européens ont adopté mardi 10 décembre, en plénière, à 342 voix contre 326, le texte du compromis politique voté le 4 novembre par la commission sur la pêche, qui prévoit le maintien du chalutage en eau profonde - alors que Mme Maria DAMANAKI, Commissaire européenne chargée de la pêche, et les ONG en réclamaient l’interdiction -, avec un encadrement renforcé.

L’examen de la proposition de règlement ne s’achève cependant pas avec le vote du Parlement de Strasbourg. Vont désormais s’ouvrir des négociations informelles entre le Parlement, la Commission et le Conseil des ministres. Le texte définitif devrait être publié au courant de l’été 2014, après que le Conseil (en fait, les Etats membres) se soit prononcé.


Soucieuse d’une pêche encore plus durable, la SCAPECHE, l’armement des Mousquetaires, veut aller au-delà des objectifs fixés par le Parlement Européen et tend la main aux ONG.

Rassuré par le vote des députés européens, Fabien DULON, Directeur Général de la SCAPECHE, envisage d’aller plus loin que le texte voté par les députés européens : « Dans l’attente d’avis scientifiques indiscutables et partagés par toutes les parties prenantes, y compris par les ONG, nous nous engageons à tout mettre en œuvre pour ne pas cibler systématiquement les espèces de grands fonds. Celles-ci pourront cependant figurer parmi les prises accessoires, mais - je le redis - les espèces d’eau profonde ne seront plus ciblées. La SCAPECHE va mettre à profit la période probatoire de cinq ans votée par les députés européens pour réorienter ses activités vers d’autres espèces ». Il ajoute : « La SCAPECHE tend également la main aux ONG et leur propose de s’associer à elle pour l’élaboration d’un cahier des charges de production* ».

Fabien DULON poursuit : « En dépit du contexte économique très difficile, nous voulons mettre en place une approche audacieuse, traduisant notre faculté à écouter les consommateurs de nos enseignes INTERMARCHE et NETTO, ceux pour lesquels nous prenons la mer et qui nous permettent de vivre de notre passion de la pêche. Rassurer nos 257 salariés s’intègre aussi totalement dans cette démarche. »

Forte de ses convictions et de sa volonté de réussir, la SCAPECHE confirme son engagement dans la filière par le fait qu’elle investira dans de nouveaux outils. La première pierre de cet important chantier sera d’étudier les conditions d’exploitation d’un nouveau navire pour lequel la SCAPECHE vient de confirmer sa construction.

Des vérités à rétablir d’urgence sur les pêcheurs bretons

Pour le directeur général de la SCAPECHE, « des accusations injustes et des contre-vérités sur la pêche profonde ont été proférées. Elles ont été ressenties douloureusement par les marins-pêcheurs ». Il ajoute : « Nous sommes profondément attachés à la préservation de la ressource halieutique, qui est notre gagne-pain. S’il n’y a plus de poissons demain, nous n’aurons plus de travail et de quoi nourrir nos familles. » Et Fabien DULON de conclure : « A l’heure où l’état d’urgence est déclaré dans toute la Bretagne, nous voulons mettre en avant notre droit le plus élémentaire d’y vivre et travailler ».

Situation inédite en Europe, la SCAPECHE et Intermarché ont fait l’objet, en France, d’un acharnement médiatique de la part d’une ONG en particulier, pour des motivations qui apparaissent peu claires.

Alors que les navires de la SCAPECHE concernés par la proposition de règlement sur la pêche profonde ne sont qu’au nombre de six sur un total de 1.245 en Europe**, cet armement et Intermarché ont été la cible d’un acharnement médiatique de la part d’une ONG en particulier, depuis début 2012.

Cette situation est inédite en Europe puisque les ONG ne se sont pas attaquées avec la même ardeur, dans les autres Etats membres, aux armateurs des quelques 1.200 autres navires pêchant au chalut les espèces d’eau profonde. Lorsque le compromis politique a été adopté (à l’unanimité, moins quatre voix d’abstention et aucune voix contre) par la commission sur la pêche du Parlement européen, les actions des ONG contre le chalutage profond ont fortement baissé partout en Europe. Sauf en France. Au contraire, la polémique n’a cessé d’enfler à coups d’actions d’éclat sur les réseaux sociaux et de communiqués « sensationnalistes ».

A propos de la SCAPECHE :
La SCAPECHE, filiale du Groupement des Mousquetaires, est le premier armateur français de pêche fraîche avec un volume de 14 600 tonnes par an. Cette flotte de 18 navires et les 257 emplois, dont 220 officiers et marins, permettent de couvrir 60 % des besoins en poissons du Groupement, pour ses points de vente Intermarché et Netto. 


* La SCAPECHE bénéficie déjà pour l’ensemble de ses pêcheries d’un cahier des charges “pêche responsable” certifié par le bureau VERITAS. Au plan national, les enseignes de la distribution et l’ONG WWF sont associées, depuis 2011, pour la mise en place de cahiers des charges pour plusieurs productions piscicoles françaises, sous l’égide du Comité Interprofessionnel des Produits de l’Aquaculture (CIPA).
** Source : Bernhard FRIES, directeur de la direction « Atlantique, régions ultrapériphériques et Arctique », à la DG Affaires maritimes et pêche de la Commission européenne, lors de la table-ronde sur la pêche profonde organisée à l’Assemblée nationale le 26/11/13.