Novembre 2012
Des avis scientifiques encourageants pour la fixation des quotas de pêche des espèces d’eau profonde
Le Conseil International pour l’Exploration de la Mer (CIEM) a dévoilé en juin dernier, et pour la première fois, des évaluations quantitatives positives concernant les principaux stocks d’espèces d’eau profonde. Cette tendance à la hausse est un témoin supplémentaire de la réussite de la politique de pêche responsable menée depuis plusieurs années par les acteurs de la pêche européenne. Cependant ces augmentations ne sont pas répercutées par la Commission européenne.
Des évaluations scientifiques en amélioration :

En juin dernier, le CIEM a rendu à la Commission européenne des recommandations sur les quotas de pêche pour les années 2013-2014. Ces résultats sont en grande partie issus d’une étroite collaboration entre scientifiques et professionnels.
En effet, les capitaines de la Scapêche et d’Euronor (Boulogne sur mer) transmettent depuis 2001 l’intégralité de leurs données de pêche à l’Ifremer de façon très précise et en totale transparence, allant bien au delà que ce que prévoit la réglementation et les usages du métier.
Cette démarche volontaire et unique en Europe a permis aux scientifiques de disposer de données pour plus de 36 000 traits de chalut, et s’inscrit pleinement dans l’engagement de pêche responsable de la Scapêche.

Les principaux stocks d’espèces d'eau profonde pêchés par la Scapêche en augmentation

Les avis du CIEM révèlent que les principaux stocks d’espèces d'eau profonde situés sur les zones de pêche de la Scapêche ont d’ors et déjà atteint l’objectif de Rendement Maximal Durable (RMD) fixé pour 2015 par la Commission européenne. Certaines espèces de poisson pourraient en conséquence voir leurs quotas de pêche augmentés de manière très significative.

Cependant, la Commission européenne veut imposer des quotas bien moins élevés pour les deux prochaines années…et interdire l’usage du chalut de fond là même où les scientifiques établissent que les stocks de poissons s’avèrent durablement gérés (et exploités…au chalut de fond).

Le cas du sabre noir : des résultats encourageants non répercutés par la Commission européenne

Le Comité Scientifique, Technique et Economique de la Pêche rattaché à la Commission (CSTEP), qui appuie globalement les préconisations du CIEM, propose des niveaux de captures de sabre noir en ouest Irlande et ouest Écosse (zones CIEM V, VI, VII, XII) à 4.500 tonnes pour 2013 et 2014. Ces chiffres traduiraient une augmentation globale de plus de 4 600 tonnes sur deux ans par rapport aux quotas de pêche fixés pour 2012, soit plus de 18 M€ de CA pour les pêcheurs européens concernés.

Malgré les avis scientifiques référents, la Commission européenne ne propose qu’une augmentation de 436 tonnes pour 2013, suivie d’une nouvelle augmentation de 523 tonnes pour 2014.

Il est difficile de comprendre cette proposition, qui contredit ce que la Commission affirmait encore en juin dernier : « lorsque les avis scientifiques sont fournis sur la base d’une analyse quantitative (…), il convient que ces avis servent de base aux décisions concernant (les quotas) ».

Si la Scapêche s’engage à contribuer activement à l’amélioration des connaissances scientifiques sur les stocks de poissons, c’est bien pour que l’Europe articule durablement et harmonieusement les dimensions environnementale, économique et sociale dans sa gestion de la pêche.